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Il est urgent d'agir sur le front de la securité

Editorial de «PATRONS» 07-08/2012

L’insécurité atteint des niveaux record dans nos régions. Chacun l’a éprouvé un jour ou l’autre, même si c’est à des degrés divers: en slalomant au centre de Lausanne entre bouteilles brisées, vomissures et échauffourées; en ayant été cambriolé, à son domicile ou dans son entreprise (rappelons-nous la vague de délits frappant des sociétés de l’Arc jurassien ou du Valais il y a quelques mois); en ayant été confronté à un vol à l’astuce ou au harcèlement incessant de miséreux dignes de la cour des miracles.

Le constat accablant

Les chiffres de la criminalité en Suisse ne laissent guère de doutes sur l’aggravation généralisée de la situation. En 2011, on a dénombré 692'000 infractions (une pour onze habitants), en hausse de 16% par rapport à l’année précédente; ou encore une infraction au patrimoine pour vingt personnes. La situation est pire encore dans le canton de Vaud, avec 85’000 délits recensés, un pour 8,5 habitants; en vingt ans, le nombre d’interventions policières a largement triplé à Lausanne. Les criminologues le soulignent: la Suisse se trouve désormais au-dessus de la moyenne européenne en matière de cambriolages et d’actes de violence.

La comparaison n’est pas seulement cruelle du point de vue statistique et par rapport à nos voisins européens. Elle l’est aussi quand on constate que si la drogue se vend en plein jour le long de la rue de Bourg et aux alentours de Chauderon dans la capitale vaudoise, il ne se produit rien de tel sur la Bahnhofstrasse à Zurich. Et si vos enfants se font harceler par des mendiants professionnels au sortir de la boulangerie qui leur a vendu leur sandwich de midi, vos neveux qui habitent Berne n’y sont pas confrontés devant les échoppes de la Marktgasse.

Pendant longtemps, les beaux esprits ont refusé d’appréhender le phénomène dans toute son ampleur. Ils se réfugiaient dans la dialectique selon laquelle les fauteurs de troubles méritent au fond la compassion, confrontés qu’ils sont à l’injustice fondamentale qui sous-tend la société capitaliste. Pour les victimes d’un ordre économique inique, le salut ne pouvait en aucun cas venir de policiers, de juges ou de prisons, mais seulement reposer sur des assistants sociaux et autres «médiateurs». Dans toute société, pourtant, il existe des personnages qui optent pour la malhonnêteté et la violence, considérant cyniquement qu’il est commode de vivre d’infractions ou anodin d’en commettre.

Les solutions existent

Les réponses à cette situation nouvelle ne sont pourtant pas bien difficiles à imaginer et à mettre en oeuvre. Le principe général est de diminuer sensiblement le seuil de tolérance à l’insécurité, d’où il découle des conséquences multiples: présence policière accrue, procédures pénales accélérées qui ne vissent pas les forces de l’ordre derrière des écrans d’ordinateurs et qui conduisent rapidement à des jugements, politique pénale crédible avec des sanctions qui ne soient pas insignifiantes (ah, l’absurdité du système des jours-amende!).

La Suisse, y compris bien sûr les cantons et les communes les plus touchés, a largement les moyens d’améliorer la situation sans devenir un Etat policier. Il est d’ailleurs révolu le temps où certains intellectuels essayaient de faire croire que l’ordre, de même que la police qui tente de le faire respecter, constituent les ennemis de la liberté. C’est évidemment le contraire qui est vrai, d’autant que l’insécurité est un phénomène encore plus éprouvé dans les couches les plus modestes de la population: dans les situations de désordre, le plus fort l’emporte.

Notre pays continue de vendre à l’étranger l’atout de la stabilité. La sécurité en fait partie intégrante, mais la réalité n’est plus aujourd’hui en phase avec l’image que l’on diffuse. C’est un phénomène qui mine l’équilibre de la vie en société en général, y compris bien sûr du point de vue économique.

Christophe Reymond

 

Mercredi 25 juillet 2012
Catégorie(s): Publications
Auteur/personne de contact: Christophe Reymond