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Etudes & Enquêtes n° 35 Apprendre à lire et à écrire: Un bilan critique d’un quart de siècle d’enseignement rénové du français en Suisse romande, assorti de propositions concrètes et réalistes pour redresser la barre après une trop longue dérive: voilà l’exercice auquel s'est livré une équipe de praticiens réunie par Jean-Philippe Chenaux, secrétaire patronal et journaliste RP, et comprenant le Dr Ghislaine Wettstein-Badour, spécialiste de l’apport des neurosciences à la pédagogie du langage écrit, Françoise Bosset, enseignante à Aigle, et François Truan, enseignant à Genève et président de l’Association Refaire l’Ecole (ARLE). La diminution du nombre d’heures consacrées au français, le recours à des méthodes globales ou semi-globales pour l’apprentissage de la lecture et l’abandon de méthodes d’enseignement structurées, systématiques, explicites et directives au profit d’une démarche constructiviste «centrée sur l’apprenant» ont largement contribué à la dégradation de l’apprentissage du langage écrit (lecture, écriture, orthographe). D’où venaient les réformes brutalement imposées au début des années 80? Quels étaient les répondants scientifiques des rénovateurs romands de l’enseignement du français? Qui sont ces socioconstructivistes dont on dit qu’ils constituent une véritable secte contrôlant aujourd’hui les IUMP en France et les HEP en terre romande? Dans sa «chronique d’un désastre annoncé», complétée d’un lexique et d’un index des noms cités, Jean-Philippe Chenaux remonte aux origines de ces divers courants méthodologiques, pédagogiques et politiques, et dresse le bilan des «années de plomb». C’est pour lui, du même coup, l’occasion de relever une série de dysfonctionnements du système politique vaudois qui devrait interpeller tous ceux qui ont le souci du bien commun. Avec la contribution scientifique du Dr Ghislaine Wettstein-Badour, le lecteur prend connaissance des travaux de la recherche dans le domaine des neurosciences, qui permettent de démontrer pourquoi les méthodes modernes d’apprentissage doivent aller du plus simple (la lettre et la syllabe) au plus complexe (le mot et la phrase). Il se trouve que nos anciens avaient découvert cela par l’expérience et le bon sens, et c’est ainsi que la modernité rejoint la tradition. Les témoignages de deux enseignants, Françoise Bosset, en terre vaudoise, et François Truan, à Genève, soulignent la dégradation de la situation sur le terrain et les ravages d’un dogmatisme trop longtemps toléré par le pouvoir politique. Accorder un soin particulier à la formation des maîtres en soustrayant celle-ci à l’idéologie socioconstructiviste, renoncer aux méthodes globales en privilégiant les méthodes alphabétiques et syllabiques, conformes au mode de fonctionnement du cerveau, fixer avec précision des objectifs à atteindre pour chaque degré de la scolarité, généraliser l’apprentissage du principe alphabétique et l’aptitude à identifier les lettres dans les classes enfantines, accorder une plus grande liberté aux enseignants dans le choix des manuels et inverser la tendance à la réduction de la dotation en heures de français, telles sont les principales propositions faites en conclusion de ces réflexions.
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