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L'essentiel en bref

La Suisse exporte davantage de biens et de services qu’elle n’en importe. Pour préserver cette capacité qui contribue à sa prospérité, notre pays doit entretenir des relations commerciales avec le reste du monde, mais aussi maintenir sur son territoire des conditions cadres favorables à la compétitivité des entreprises.

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Jimmy Dupuis

Secrétaire patronal, politique générale

Notre dernier article économie extérieure

Bataille commerciale: la Suisse doit jouer ses cartes

août 24, 2018, 08:34 by Thery Couturier
La Suisse semble désemparée face à une bataille commerciale mondiale qui menace ses intérêts. A ce stade, il importe de poursuivre la défense de notre place économique, en ne concluant pas des accords à n’importe quel prix et surtout en améliorant nos conditions-cadres.

La Suisse semble désemparée face à une bataille commerciale mondiale qui menace ses intérêts. A ce stade, il importe de poursuivre la défense de notre place économique, en ne concluant pas des accords à n’importe quel prix et surtout en améliorant nos conditions-cadres.

Le monde assiste actuellement à une bataille commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi entre d’autres puissances économiques régionales (Union européenne, Canada, Mexique, Iran). Le rôle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) apparaît ainsi affaibli face à des relations davantage basée sur des rapports de force. Cette évolution n’est pas favorable à la Suisse, qui bénéficie du libre-échange en gagnant près d’un franc sur deux à l’étranger. En même temps, ces affrontements nous dépassent quelque peu et nous n’avons que peu d’influence sur eux. Cela ne doit toutefois pas nous empêcher d’avoir quelques idées claires sur la ligne à suivre.

Au cœur de l’été, le Centre Patronal, par son Service d’information hebdomadaire, a rappelé quelques éléments essentiels. Dans ses négociations avec Bruxelles, le Conseil fédéral doit continuer à défendre les intérêts de la Suisse en s’efforçant de conclure un accord institutionnel qui «coifferait» les relations entre la Suisse et l’Union européenne; on doit cependant envisager et admettre le risque que cet accord ne soit finalement pas signé ou ratifié si les «lignes rouges» fixées par le conseiller fédéral Ignazio Cassis ne sont pas respectées. Parallèlement, la Suisse a intérêt à poursuivre ses efforts en vue de conclure de nouveaux accords bilatéraux avec des Etats hors-UE, notamment dans le cadre de l’AELE; mais là aussi, les négociations ne doivent pas se faire à n’importe quel prix. Enfin, il ne serait pas inutile de réfléchir à des propositions de réforme de l’OMC, afin de redonner à cette organisation le rôle pacificateur qu’elle devrait avoir.

Sur le plan intérieur, il faut être conscient du prix de notre indépendance politique et soigner par conséquent, plus que jamais, les conditions cadres qui permettent aux entreprises helvétiques de rester extrêmement performantes.

PGB-signature

Pierre-Gabriel Bieri,
Secrétaire patronal

Rôle du Centre Patronal

Le Centre Patronal prend position sur des dossiers politiques qui influencent directement ou indirectement les relations internationales de la Suisse et la compétitivité de ses entreprises.

Le Centre Patronal peut répondre à des procédures de consultation, participer à des campagnes de votations ou soutenir des interventions politiques ou parlementaires.

Dans ses prises de positions, le Centre Patronal soutient l’universalité des relations internationales de la Suisse, la conclusion ou le maintien d’accords internationaux favorables à l’économie helvétique, ainsi que le maintien, en Suisse, de conditions cadres (fiscales, monétaires, législatives) propices à la compétitivité des entreprises..

Nos principes, notre agenda

Notre position

La Suisse maintient et développe des accords commerciaux avec l’Europe et avec le reste du monde en respectant les lignes rouges qu'elle s'est fixées. Elle analyse l’évolution du «Brexit» afin d’optimiser sa stratégie commerciale vis-à-vis de l’Union européenne d’une part, de la Grande-Bretagne d’autre part. La législation intérieure ne doit pas péjorer la compétitivité des entreprises exportatrices.

Prochaines échéances

Avec l’Union européenne, les négociations doivent se poursuivre en vue d'un accord cadre institutionnel qui respecte la souveraineté des deux parties. L'évolution de la négociation sur le Brexit est suivie avec attention. 

Le «Projet fiscal 17» permettra à la Suisse de respecter les standards de l’OCDE et donc d’éviter que ses propres entreprises soient pénalisées à l’étranger. Il convient qu’il soit adopté rapidement.

L’initiative populaire «Entreprises responsables» menace les entreprises suisses actives à l’étranger. Si elle n'est pas retirée, elle devra être combattue.

L’initiative «Entreprises responsables» pénaliserait les entreprises suisses actives à l’étranger – et en particulier celles qui se comportent de manière responsable!

economie-exterieure

Commerce extérieur de la Suisse en 2016

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse, les Etats-Unis viennent en deuxième place.

Enjeux

Assurer la compétitivité des entreprises suisses

La législation suisse doit veiller à ne pas imposer de chicaneries inappropriées aux entreprises. Le coût du travail en Suisse constitue un frein à la compétitivité de la place économique ; bien que ce frein puisse être compensé par la qualité et l’innovation, il faut veiller à ne pas alourdir davantage des charges qui pèsent sur l'emploi.

Il convient en outre d’éviter toute réglementation maladroite qui prétériterait absurdement les entreprises suisses par rapport à leurs concurrentes étrangères (initiative «Entreprises responsables», interdictions ou normes discriminatoires pour certains produits, etc.).

La Banque nationale suisse (BNS) doit poursuivre une politique visant à éviter autant que possible une augmentation de la valeur du franc, ou du moins à retarder un tel effet.

Libre-échange : l’agriculture constitue un cas particulier

La volonté de développer le commerce extérieur de la Suisse ne doit pas conduire à sacrifier l’agriculture au sein d’un éventuel accord de libre-échange. L’agriculture constitue en effet un secteur particulier, qui doit certes évoluer, se moderniser et affronter une certaine concurrence, mais qui joue néanmoins un rôle infrastructurel (aménagement du territoire, mais aussi approvisionnement en cas de crise). A ce titre, l’agriculture mérite une certaine protection par rapport à la concurrence d'Etats étrangers où la production est nettement moins chère. Un juste milieu doit être trouvé entre la tentation de l’immobilisme et celle du libre-échange intégral.

Miser sur les accords commerciaux

La Suisse doit poursuivre une politique économique extérieure basée sur de nombreux accords commerciaux et de libre-échange, avec l’UE mais aussi dans le cadre de l’AELE, de l’OMC ou de manière autonome. Il faut chercher à conclure des accords commerciaux qui restreignent le moins possible la souveraineté politique de la Suisse.

L’appartenance de la Suisse à l’AELE doit être exploitée au mieux. Cette dernière pourrait retrouver davantage d’importance dans le cas où la Grande-Bretagne y ferait son retour – il ne s’agit pour le moment que d’une éventualité, mais la Suisse aurait intérêt à l’encourager.

Nos relations avec la Grande-Bretagne doivent être entretenues et développées, quels que soient les développements du «Brexit».

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Cette publication, de format A4 recto-verso, propose chaque semaine une analyse d'un thème d’actualité, en donnant une position claire, argumentée et engagée à l’intention du monde économique, politique et médiatique.

 

 

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