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L'essentiel en bref

Le commerce extérieur constitue le principal contributeur au produit intérieur brut helvétique. Dès lors, la Suisse a tout particulièrement intérêt à maintenir sa position au sein de l’ordre commercial international, à développer des partenariats fructueux et à offrir des conditions-cadres garantissant la compétitivité de sa place économique.

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Jimmy Dupuis

Secrétaire patronal, politique générale

Notre dernier article économie extérieure

La Suisse vise le Grand Chelem européen

juin 21, 2019, 14:19 by Thery Couturier
Alors que Roger Federer faisait une nouvelle fois face à l’ogre de la terre battue parisienne, le Conseil fédéral a pris, en date du 7 juin 2019, une importante décision au sujet de l’épineux dossier de l’accord institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne (UE).

Alors que Roger Federer faisait une nouvelle fois face à l’ogre de la terre battue parisienne, le Conseil fédéral a pris, en date du 7 juin 2019, une importante décision au sujet de l’épineux dossier de l’accord institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne (UE). Suite à une phase de consultation des milieux intéressés, le Conseil fédéral a décidé de soutenir l’accord-cadre sur le principe tout en réitérant son attachement à la libre circulation des personnes. Cependant, le gouvernement helvétique a conditionné la transmission du projet d’accord au Parlement à l’obtention d’un certain nombre de clarifications au sujet des aides d’Etat, de la protection des salaires et de la citoyenneté de l’UE. Il va sans dire que la Suisse devra se livrer dans les prochains mois à un véritable exercice d’équilibriste afin d’atteindre ses objectifs dans les différents dossiers européens en cours. Outre l’accord institutionnel, il s’agira en effet de se voir reconnaître l’équivalence boursière, de gérer la dangereuse initiative de limitation et de minimaliser les conséquences du Brexit.

S’agissant de l’accord institutionnel, si les milieux économiques se sont largement positionnés en faveur de l’accord-cadre, d’autres acteurs, parmi lesquels les syndicats, n’ont eu de cesse de freiner des quatre fers. En soutenant sur le principe l’accord institutionnel puis en réclamant des clarifications, le gouvernement helvétique indique au partenaire européen que même si notre pays est conscient de l’importance des enjeux, il demeure nécessaire de réunir une majorité afin de se mettre dans la meilleure situation possible avant le débat parlementaire et l’éventuel vote du peuple. Cela étant, le positionnement de la Confédération semble irriter Bruxelles au point que l’équivalence boursière accordée à la Suisse, qui échoit au 30 juin 2019, n’a toujours pas fait l’objet d’une reconduction. L’absence de prolongation de l’équivalence boursière plongerait la place financière dans une incertitude malvenue.

Certes, en signe de bonne volonté, le Conseil fédéral s’est prononcé contre l’initiative de limitation, qui prévoit de renoncer à la libre circulation des personnes avec l’UE. Il est d’ailleurs à noter que l’accord sur la libre circulation des travailleurs (ALCP) entre dans le champ d’application de l’accord institutionnel, ce qui signifie que les deux dossiers sont étroitement liés. Le gouvernement a dès lors très justement rappelé à quel point la libre-circulation est importante pour la Suisse. En permettant notamment aux employeurs de recruter de la main d’œuvre qualifiée, elle est devenue une composante indispensable de la compétitivité de notre économie.

Concernant le Brexit, la Suisse a dû agir promptement afin de sauvegarder ses relations avec le Royaume-Uni. Par le truchement d’une stratégie dédiée intitulée « Mind the gap », le Conseil fédéral a effectivement négocié un accord bienvenu sur le maintien des droits acquis ainsi qu’un traité visant à sauvegarder les conditions actuelles dans les relations commerciales. Londres est un partenaire économique essentiel et sur son gazon, les Suisses se sentent depuis quelques années à la maison.

Au vu de ce qui précède, le Centre Patronal réaffirme son soutien à l’accord institutionnel et à la libre circulation des personnes, en insistant sur l’importance des relations avec l’UE pour l’économie suisse. La réalisation d’un Grand Chelem européen – autrement dit l’obtention d’un accord institutionnel entièrement clarifié dans le sens voulu, une reconduction de l’équivalence boursière, un maintien de la libre circulation ainsi que de nouvelles relations avec le Royaume-Uni- constituerait bien entendu une excellente nouvelle. A défaut, la Suisse pourrait tout à fait se contenter d’un Petit Chelem européen, étant entendu que la probabilité que l’UE accepte de rouvrir les négociations autour d’un accord-cadre globalement équilibré est faible. Le mieux est souvent l’ennemi du bien. Chum jetzt !


Jimmy Dupuis
Jimmy Dupuis,
Responsable du thème politique Economie Extérieure

Rôle du Centre Patronal

Le Centre Patronal prend systématiquement position sur des dossiers politiques qui influencent de près ou de loin les relations internationales de la Suisse et les conditions-cadres offertes aux acteurs économiques. Il répond également à des procédures de consultation, participe à des campagnes de votations et soutient occasionnellement des interventions politiques.

A cet effet, le Centre Patronal s’intéresse entre autres à l’évolution du système commercial international et à la politique extérieure de la Confédération. Les relations avec l’UE, le droit international économique et la situation de l’économie mondiale sont au cœur de ses préoccupations.

Par le truchement de ses interventions, le Centre Patronal soutient l’universalité des relations internationales de la Suisse, la conclusion d’accords internationaux favorables à l’économie helvétique, ainsi que le maintien de conditions-cadres propices à l’épanouissement des entreprises. En présence d’un solde commercial structurellement excédentaire, une politique économique extérieure efficace est plus que jamais essentielle pour envisager l’avenir avec sérénité.

Nos principes, notre agenda

Notre Position

La Suisse gagne à entretenir des relations saines avec l’Union européenne (UE), son principal partenaire commercial. Sachant que l’économie de notre pays est foncièrement orientée vers l’extérieur, il est en outre primordial de scruter l’évolution de la situation internationale. Parallèlement, dans un contexte de ralentissement de la croissance globale, il s’agit d’identifier les facteurs de fragilité systémique, ceci afin d’être à même de proposer des solutions garantissant la résilience de l’économie suisse.

Prochaines écheances

Initiative de limitation
La dangereuse initiative de limitation demande à ce que la libre circulation des personnes soit abolie. Or, l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) avec l’UE joue un rôle primordial en termes de croissance économique. Il encourage la mobilité internationale des travailleurs, ce qui favorise une meilleure allocation des ressources, les entreprises suisses ayant la possibilité de recruter plus facilement le personnel qualifié dont elles ont besoin. Les gains de productivité et la croissance du produit intérieur brut s’en trouvent stimulés, et le marché suisse du travail reste durablement attractif. 

Fiscalité internationale
L’OCDE planche actuellement sur la taxation de l’économie numérique. Les réflexions en cours tendent à modifier profondément le système fiscal international et à instaurer un nouveau mécanisme d’imposition des entreprises. Sous couvert d’adaptation aux réalités de l’économie numérique, l’OCDE cherche en réalité à introduire un nouveau partage des impôts sur les bénéfices des entreprises. Sachant que la Suisse abrite de nombreuses multinationales, l’enjeu est de taille. Suivant le modèle de taxation retenu, la Confédération pourrait être amenée à réviser totalement son système fiscal. Dans ces conditions, il convient de militer autant que faire se peut en faveur d’une solution qui tienne compte des intérêts helvétiques.



Accord institutionnel avec l’UE 
Compte tenu de sa position géographique, l’accès au marché européen est fondamental pour la Confédération. Importations et exportations confondues, l’UE représente 61% des échanges commerciaux de la Suisse. Dans ces conditions, il est urgent de trouver une issue dans le dossier de l’accord institutionnel, ce d’autant que les accords d’accès au marché européen ne sont désormais plus actualisés. La voie bilatérale mérite d’être modernisée.             



Initiative pour des multinationales responsables
L’initiative pour des multinationales responsables prévoit d’introduire pour les entreprises suisses une obligation de diligence -liée aux répercussions de leur activité sur les droits humains et l’environnement- doublée d’un régime de responsabilité sur mesure. L’obligation serait applicable aux entreprises à l’étranger contrôlées par des entreprises suisses ainsi qu’à l’ensemble des relations d’affaires des entreprises suisses. Il va sans dire que le caractère excessif de cette initiative entraînerait de sérieuses difficultés de mise en œuvre. En imposant des coûts disproportionnés, elle engendrerait un net désavantage concurrentiel pour les entreprises suisses qui seraient dès lors incitées à déplacer leur siège hors de nos frontières. Partant, il est dans l’intérêt de l’économie de favoriser l’avènement d’un contre-projet cohérent adapté aux besoins des entreprises.

L’initiative de limitation doit être rejetée avec vigueur tant elle est de nature mettre en danger la prospérité de la Suisse, sa place économique et ses entreprises de toutes tailles.

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Commerce extérieur de la Suisse en 2018

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse, les Etats-Unis viennent en deuxième place.

Enjeux

Garantir l’accès des entreprises suisses aux marchés internationaux

Dans un monde multipolaire, la Suisse vit de son interconnexion. Dotée d’une économie exceptionnellement extravertie, elle se doit de conclure avec ses partenaires des accords de libre-échange (ALE) mutuellement profitables. Le développement du réseau d’ALE s’impose comme l’un des fondamentaux de la politique économique extérieure.

Parallèlement, la Suisse doit continuer à s’engager en faveur de la réforme de l’OMC tout en défendant ses intérêts économiques au sein des instances internationales telle l’OCDE. En tant que bénéficiaire du multilatéralisme, la Suisse a une place de choix à conserver au sein du système commercial international. 

Il incombe enfin à la Suisse de régler une fois pour toute ses relations avec l’UE. Actuellement, la Suisse bénéficie d’un régime de faveur qu’il convient de perpétuer. Les différents accords d’accès au marché de l’UE sont plus que jamais précieux pour l’économie. A ce titre, la conclusion de l’accord intentionnel apparaît donc comme une priorité quasi absolue. 

Lutter contre les initiatives toxiques

Certaines initiatives sont potentiellement très dangereuses pour l’économie. Il en va ainsi de l’initiative de limitation qui, en cas d’acceptation, mettrait notre pays dans une situation extrêmement inconfortable. Accepter une telle initiative mettrait entre autres fin à la voie bilatérale et reviendrait à tourner le dos à notre principal partenaire commercial.

L’initiative pour des multinationales responsables doit être combattue dans sa forme actuelle. Elle impose en effet aux entreprises des contraintes inacceptables. On lui préférera un contre-projet réaliste susceptible d’entraîner son retrait ou de convaincre une majorité.

Défendre la compétitivité

Il est important que le législateur veille à ne pas imposer de chicaneries inappropriées aux entreprises. La Suisse est un pôle de recherche et de formation qui fonctionne pleinement en présence d’un marché du travail souple associé à de faibles charges administratives. Le credo de toute politique économique extérieure rationnelle est évident : il faut défendre coûte que coûte la compétitivité. La politique économique intérieure et la politique économique extérieure sont ainsi étroitement liées.

Depuis plusieurs années, on assiste à un renforcement des processus de production transfrontaliers. Ce phénomène est encore accéléré par la numérisation, qui influence profondément l’économie mondiale et permet l’émergence de nouveaux modèles d’affaires. Les chaînes de création de valeurs ont de plus en plus tendance à être parcourues par un fil numérique. Dans ce contexte, il s’agit de travailler à réduire les entraves aux flux transfrontaliers de données tout en prenant la mesure de l’intégration croissante du numérique dans la production et le commerce.

Réponses aux consultations politiques

 

 

logo 16.10.2019 - PDF 379 Ko

Economie Extérieure - Jimmy Dupuis

Consultation modification de la loi sur les embargos

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Economie Extérieure - Jimmy Dupuis

Accord entre la Confédération suisse et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord relatif à l’accès au marché du travail pour une période transitoire à la suite du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne et de la fin de l’applicabilité de l’accord sur la libre circulation des personnes

logo 14.08.2019 - PDF 364 Ko

Economie Extérieure - Jimmy Dupuis

Accord commercial entre la Suisse et le Royaume-Uni

 

 

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Cette publication, de format A4 recto-verso, propose chaque semaine une analyse d'un thème d’actualité, en donnant une position claire, argumentée et engagée à l’intention du monde économique, politique et médiatique.

 

 

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