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L'essentiel en bref

La Suisse exporte davantage de biens et de services qu’elle n’en importe. Pour préserver cette capacité qui contribue à sa prospérité, notre pays doit entretenir des relations commerciales avec le reste du monde, mais aussi maintenir sur son territoire des conditions cadres favorables à la compétitivité des entreprises.

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Jimmy Dupuis

Secrétaire patronal, politique générale

Notre dernier article économie extérieure

USA - Chine : la genèse d’une guerre économique

nov. 5, 2019, 10:11 by Thery Couturier
La Chine s’est progressivement hissée au sommet de la pyramide économique mondiale. En l’espace d’une trentaine d’années, elle est passée de la 10ème à la seconde place dans le classement des plus grandes économies par PIB nominal, un classement qui reste dominé par les Etats-Unis.

La Chine s’est progressivement hissée au sommet de la pyramide économique mondiale. En l’espace d’une trentaine d’années, elle est passée de la 10ème à la seconde place dans le classement des plus grandes économies par PIB nominal, un classement qui reste dominé par les Etats-Unis. Si l'on prend comme indicateur le PIB exprimé en parité de pouvoir d'achat (PPA) – un outil qui mesure le pouvoir d'achat des monnaies par rapport à un panier normalisé de biens et de services – la Chine dépasse les Etats-Unis, avec un PIB de 23’ 301 milliards contre 19’ 391 milliards de dollars.  

Il va de soi que la montée en puissance de l’Empire du Milieu est vue d’un mauvais œil au pays de l’Oncle Sam puisque la suprématie économique américaine est désormais directement menacée. Au début de l’année 2018, le président Trump a déterré la hache de guerre en instaurant des taxes douanières sur les panneaux solaires. Cette mesure agressive de politique commerciale visait au premier chef la Chine, championne toutes catégories du solaire. Pékin a presque immédiatement répliqué en s’attaquant au sorgho américain, une culture fortement subventionnée. Il n’en fallait pas plus pour que la logique implacable du conflit commercial se mette en branle, au risque de plomber la croissance économique mondiale.

Fait de périodes de détente, d’annonces de nouvelles taxes et de mesures de rétorsion, le conflit commercial tient en haleine les principales places financières du globe. Le président américain – pour qui les guerres commerciales sont bonnes car faciles à gagner – se complaît d’ailleurs à maintenir les tensions tout en jouant allégrement avec les médias. Dans ce contexte, les bourses ne savent plus réellement sur quel pied danser ; le moindre tweet allusif est susceptible de faire basculer les cours, au grand dam des investisseurs.

Le positionnement américain est connu : Washington accuse entre autres Pékin de protectionnisme, de vols de technologies, d’espionnage économique et de concurrence déloyale. La Chine profiterait ainsi depuis trop longtemps de l’ouverture du marché américain, cela sans réciprocité puisque l’accès au marché chinois est limité par de nombreuses barrières. Les Etats-Unis estiment que la Chine a une approche excessivement étatiste et mercantiliste de l’économie et du commerce. Ils reprochent en outre à cette dernière de systématiquement sous-évaluer sa monnaie afin de favoriser ses exportations.

Aussi, les Etats-Unis demandent une réduction du déficit américain (378,73 milliards en 2018), la cessation des transferts forcés de technologies, la protection de la propriété intellectuelle et la fin des subventions aux entreprises d’Etat. Pour le moment, les protagonistes ne sont que très partiellement parvenus à s’entendre et les plus grands enjeux restent en négociation.

Au-delà de l’embrouillamini, le conflit commercial peut s’analyser comme un processus de rééquilibrage entre deux puissances passant par une nécessaire redéfinition des échanges commerciaux. Il s’agit également de comprendre que le conflit commercial ne représente qu’un aspect d’une guerre économique protéiforme qui est à la fois commerciale, monétaire, financière et technologique. On assiste à un affrontement entre le MAGA (Make America Great Again) d’une part et le Made in China 2025 d’autre part. Une telle configuration est bien évidemment de nature à perturber les chaînes de valeurs mondiales. A ce titre, d’aucuns vaticinent la fin de l’ère du libre-échange mondial et de la chaîne d’approvisionnement intégrée. Il en résulterait in fine un monde binaire doté de deux chaînes d’approvisionnement et de deux systèmes de télécommunication. Quoi qu’il advienne, l’économie mondiale est à tel point intégrée qu’il est en l’état difficile de concevoir qu’un vainqueur puisse émerger du conflit commercial. La seule issue par le haut consistera vraisemblablement en un protectionnisme négocié. Le moment de relire «The Art of the Deal » ?


Jimmy Dupuis
Jimmy Dupuis,
Responsable du thème politique Economie Extérieure

Rôle du Centre Patronal

Le Centre Patronal prend position sur des dossiers politiques qui influencent directement ou indirectement les relations internationales de la Suisse et la compétitivité de ses entreprises.

Le Centre Patronal peut répondre à des procédures de consultation, participer à des campagnes de votations ou soutenir des interventions politiques ou parlementaires.

Dans ses prises de positions, le Centre Patronal soutient l’universalité des relations internationales de la Suisse, la conclusion ou le maintien d’accords internationaux favorables à l’économie helvétique, ainsi que le maintien, en Suisse, de conditions cadres (fiscales, monétaires, législatives) propices à la compétitivité des entreprises..

Nos principes, notre agenda

Notre position

La Suisse maintient et développe des accords commerciaux avec l’Europe et avec le reste du monde en respectant les lignes rouges qu'elle s'est fixées. Elle analyse l’évolution du «Brexit» afin d’optimiser sa stratégie commerciale vis-à-vis de l’Union européenne d’une part, de la Grande-Bretagne d’autre part. La législation intérieure ne doit pas péjorer la compétitivité des entreprises exportatrices.

Prochaines échéances

Avec l’Union européenne, les négociations doivent se poursuivre en vue d'un accord cadre institutionnel qui respecte la souveraineté des deux parties. L'évolution de la négociation sur le Brexit est suivie avec attention. 

Le «Projet fiscal 17» permettra à la Suisse de respecter les standards de l’OCDE et donc d’éviter que ses propres entreprises soient pénalisées à l’étranger. Il convient qu’il soit adopté rapidement.

L’initiative populaire «Entreprises responsables» menace les entreprises suisses actives à l’étranger. Si elle n'est pas retirée, elle devra être combattue.

L’initiative «Entreprises responsables» pénaliserait les entreprises suisses actives à l’étranger – et en particulier celles qui se comportent de manière responsable!

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Commerce extérieur de la Suisse en 2016

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse, les Etats-Unis viennent en deuxième place.

Enjeux

Assurer la compétitivité des entreprises suisses

La législation suisse doit veiller à ne pas imposer de chicaneries inappropriées aux entreprises. Le coût du travail en Suisse constitue un frein à la compétitivité de la place économique ; bien que ce frein puisse être compensé par la qualité et l’innovation, il faut veiller à ne pas alourdir davantage des charges qui pèsent sur l'emploi.

Il convient en outre d’éviter toute réglementation maladroite qui prétériterait absurdement les entreprises suisses par rapport à leurs concurrentes étrangères (initiative «Entreprises responsables», interdictions ou normes discriminatoires pour certains produits, etc.).

La Banque nationale suisse (BNS) doit poursuivre une politique visant à éviter autant que possible une augmentation de la valeur du franc, ou du moins à retarder un tel effet.

Libre-échange : l’agriculture constitue un cas particulier

La volonté de développer le commerce extérieur de la Suisse ne doit pas conduire à sacrifier l’agriculture au sein d’un éventuel accord de libre-échange. L’agriculture constitue en effet un secteur particulier, qui doit certes évoluer, se moderniser et affronter une certaine concurrence, mais qui joue néanmoins un rôle infrastructurel (aménagement du territoire, mais aussi approvisionnement en cas de crise). A ce titre, l’agriculture mérite une certaine protection par rapport à la concurrence d'Etats étrangers où la production est nettement moins chère. Un juste milieu doit être trouvé entre la tentation de l’immobilisme et celle du libre-échange intégral.

Miser sur les accords commerciaux

La Suisse doit poursuivre une politique économique extérieure basée sur de nombreux accords commerciaux et de libre-échange, avec l’UE mais aussi dans le cadre de l’AELE, de l’OMC ou de manière autonome. Il faut chercher à conclure des accords commerciaux qui restreignent le moins possible la souveraineté politique de la Suisse.

L’appartenance de la Suisse à l’AELE doit être exploitée au mieux. Cette dernière pourrait retrouver davantage d’importance dans le cas où la Grande-Bretagne y ferait son retour – il ne s’agit pour le moment que d’une éventualité, mais la Suisse aurait intérêt à l’encourager.

Nos relations avec la Grande-Bretagne doivent être entretenues et développées, quels que soient les développements du «Brexit».

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Cette publication, de format A4 recto-verso, propose chaque semaine une analyse d'un thème d’actualité, en donnant une position claire, argumentée et engagée à l’intention du monde économique, politique et médiatique.

 

 

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