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L'essentiel en bref

La numérisation est un défi pour l’ensemble de la société et tout particulièrement pour les entreprises. S’il en va certes de la productivité, des places de travail actuelles et des futurs métiers, le virage vers une économie numérique doit permettre à la Suisse de confirmer son rôle de leader en la matière, évitant ainsi de se rendre dépendante des autres pays et de leurs technologies.

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Nicolas Tripet

Responsable du thème

Notre dernier article sur le numérique

Transformation digitale : accélérer les programmes nationaux de recherche

oct. 8, 2018, 14:54 by Thery Couturier
Le 21 septembre dernier, le Conseil fédéral a lancé un nouveau programme de recherche intitulé « transformation numérique ». Articulé autour de 3 axes « formation apprentissage et tournant numérique », « Éthique, fiabilité et gouvernance » et «Économie numérique et marché du travail», le principal objectif de ce dernier vise à « mieux cerner les chances et les risques de la numérisation pour la société et l’économie »

Le 21 septembre dernier, le Conseil fédéral a lancé un nouveau programme de recherche intitulé « transformation numérique ». Articulé autour de 3 axes « formation  apprentissage et tournant numérique », « Éthique, fiabilité et gouvernance » et «Économie numérique et marché du travail», le principal objectif de ce dernier vise à « mieux cerner les chances et les risques de la numérisation pour la société et l’économie »

Si le but visé est louable, on est en droit de s’interroger quant à la pertinence d’un énième programme de recherche alors que de nombreuses études ont déjà été publiées en la matière. Une récente publication du cabinet de conseil Mckinsey soulignait d’ailleurs que selon un scénario median, entre un quart et un cinquième de l'ensemble des activités professionnelles –soit plus d’un million d’emploi– pourraient être automatisées en Suisse à l’horizon 2030. Si la disparition d’emplois est majoritairement envisagée dans les secteurs du commerce de détail, de l'industrie et de la finance, quelques 400'000 emplois directement liés à la technologie serait créés et 400'000 autres postes engendrés par le gain de productivité de l’automatisation.

En définitive, il semble surtout étonnant que le programme de recherche lancé par l’administration fédérale, devisé à CHF 30 millions, s’étale sur 5 ans. En effet, dans le domaine numérique, l’évolution rapide de la technologie et l’obsolescence comme corolaire tendent à devenir la règle. Récemment, la société Uber a par exemple annoncé qu’en 2023, elle lancerait la commercialisation de trajets de taxis aérien low-cost démocratisant ainsi le transport de personnes par aéronefs. Si cette assertion peut faire sourire, elle démontre que ce qui aura été étudié comme impact sociétal sera, dans 5 ans, déjà obsolète ou aura déjà été partiellement réalisé. Ainsi, en lieu et place d’un long et coûteux programme de recherche quinquennal, pourquoi ne pas s’inspirer du digital et miser sur de courtes recherches suivies de rapides mises en œuvre des recommandations. Au sein de l’administration fédérale également, la transformation digitale doit faire son chemin.

Nicolas Tripet

Nicolas Tripet,
Responsable du thème politique Numérique

Notre objectif :
Informer les entreprises et assurer des conditions cadres favorables à l’innovation et à la compétitivité.

Rôle du Centre Patronal

Le Centre Patronal veille à ce que ses membres soient informés de la réalité du virage numérique. Dans ce domaine, toutes les entreprises, PME et TPE inclues, doivent être conscientes que la digitalisation les concerne aussi. Le Centre Patronal suit de près les différents dossiers relatifs à la révolution numérique, en faisant valoir les intérêts des entreprises auprès des autorités fédérales et cantonales. Sur le plan politique, cet engagement passe par l’établissement d’une législation adéquate qui fixe le cadre, mais ne brime ni l’initiative privée, ni l’innovation.

Nos principes, notre agenda

Notre position

A l’image de la place financière, la Suisse a les moyens de devenir un véritable pôle de compétence en matière de gestion des données. D’une part, notre législation, qui garantit la sécurité du droit et bénéficie d’une stabilité politique appréciable, le permet. D’autre part, les compétences nécessaires existent en Suisse. Pour éviter que des entreprises à forte valeur ajoutée quittent le territoire, les métiers du digital doivent être intégrés au cursus scolaire et faire partie des apprentissages de base. 

Prochaines échéances

Le 25 mai dernier, le règlement général sur la protection des données (RGPD) est entré en vigueur au sein de l'Union européenne. Ce règlement a inévitablement des implications sur les entreprises suisses. exportatrices ou non. Si l'instauration d'un cadre est positif pour le consommateur, il sous-tend un certain nombre de devoirs contraignants pour les entreprises et introduit de nouveaux paradigmes: le consentement éclairé ainsi que le droit à l'oubli pour les particuliers.

Pour maintenir sa compétitivité dans ce domaine et éviter que la Suisse ne devienne le paradis d'entreprises peu regardantes en termes de gestion des données, il convient d'une part d'opérer rapidement l'adaptation de certaines dispositions des accords de Schengen, et d'autre part, d'accélérer la révision totale de la loi fédérale sur la protection des données (LPD), afin de se doter rapidement d'une législation adéquate.

En partenariat avec Swisscom et Vaudoise assurances, le Centre Patronal a mis sur pied un cycle de conférences destiné à démystifier la révolution 4.0 pour l’entrepreneur d’aujourd’hui.

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Enjeux

Former dans les métiers de demain

Si la digitalisation en cours programme la fin de certaines tâches répétitives et donc de certains emplois, elle représente également une formidable occasion de voir émerger de nouveaux métiers. Ainsi, aux côtés de l’enseignement de base à l’école primaire, le  «Computional thinking» (réflexion digitale) doit être enseigné. Il ne s’agit pas de former des informaticiens, mais de former des jeunes qui comprennent le digital et en maîtrisent les codes. Trop peu de personnes qualifiées sont aujourd’hui formées dans ce domaine en Suisse. Cela doit permettre à de nouveaux métiers de voir le jour, dont le dénominateur commun sera la flexibilité et la capacité d’adaptation.

Assurer la compétitivité

A l’image de la place financière, la Suisse a les moyens de devenir un véritable pôle de compétence en matière de gestion des données. A défaut, le risque existe de devenir une colonie digitale de l’étranger, tributaire à la fois des technologies développées par d’autres et de l’hébergement de nos données dans d’autres pays. Dans ce sens, le développement législatif ne doit pas donner un mauvais signal aux entreprises expertes dans ces domaines à forte valeur ajoutée qui seraient tentées de quitter le territoire, de ne pas s’y installer ou de déplacer leur siège social. Un cadre légal adéquat est essentiel, mais il doit favoriser l’innovation et non réduire ou brider les initiatives. 

Informer le tissu économique

Toutes les entreprises, PME et TPE comprises, sont également concernées pas la numérisation. Dans un contexte où le coût du travail reste élevé, les gains de productivité sont un atout essentiel pour éviter que des secteurs de production partent à l’étranger. Ainsi, la technologie ne doit pas être vue comme une menace mais comme un atout. En effet, la digitalisation permet d’automatiser un certain nombre de tâches, de libérer du temps pour d’autres activités et de réduire les coûts. Les petites structures, pour rester compétitives, ont tout intérêt à prendre à bras le corps ce défi technologique. 

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Cette publication, de format A4 recto-verso, propose chaque semaine une analyse d'un thème d’actualité, en donnant une position claire, argumentée et engagée à l’intention du monde économique, politique et médiatique.

 

 

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