Le monde condamne le glyphosate, la Suisse doit-elle suivre ?

août 27, 2018, 10:39 by Thery Couturier
Après la sanction de Monsanto par la justice californienne, les medias helvétiques relèvent l’information avec trop peu de recul et de réflexion. Rappelons qu’en matière de produits de traitement des plantes comme de médicaments, chaque pays ou communauté reste libre dans l’homologation de ses produits.

Après la sanction de Monsanto par la justice californienne, les medias helvétiques relèvent l’information avec trop peu de recul et de réflexion. Rappelons qu’en matière de produits de traitement des plantes comme de médicaments, chaque pays ou communauté reste libre dans l’homologation de ses produits. Dans le monde, le glyphosate peut être utilisé de manière plus large qu’en Suisse. Il est appliqué comme activeur de maturation chez les céréales et certains pays - producteurs d’OGM - l’utilisent comme herbicide toléré par le soja modifié génétiquement. Dans les deux cas, les plantes sont entièrement aspergées de glyphosate.

De son côté, la Suisse n’a jamais autorisé ces traitements contestables, car les résidus de matière active peuvent se retrouver dans l’alimentation à des doses importantes, ce qui explique la polémique mondialisée ! En Suisse, le produit n’est autorisé que pour le désherbage des cultures mais l’arrosage des plantes à consommer est interdit. De plus, des conditions bien précises et respectueuses des bonnes pratiques agricoles sont imposées. D’ailleurs, une étude sur les résidus de glyphosate menée en 2017 par Prométerre conclut à des résultats très rassurants, les produits élaborés avec des matières premières produites en Suisse ne contiennent pas de glyphosate. Cette étude a fait l’objet d’une présentation dans l’émission A bon entendeur de la RTS.

Se passer d’herbicide reste un objectif à terme mais une interdiction brutale d’utilisation en Suisse ne se justifie pas et serait sans doute pire que le mal, car il n’existe pas d’alternative efficace. Sans ce désherbant, des pratiques et des produits plus dangereux sur les plans sanitaire et environnemental pourraient resurgir sans avantage réel.

En Suisse aujourd’hui, ce produit est utilisé intelligemment par les professionnels de l’agriculture et du paysagisme ; il n’y a pas de raison de leur interdire son usage. Par contre, limiter son utilisation sur les voies publiques et le restreindre dans les jardins privés pourrait être envisagé pour limiter le risque de pollution des cours d’eau.


PH-signature

Philippe Herminjard, 
Secrétaire patronal

Le monde condamne le glyphosate, la Suisse doit-elle suivre ?

août 27, 2018, 10:39 by Thery Couturier
Après la sanction de Monsanto par la justice californienne, les medias helvétiques relèvent l’information avec trop peu de recul et de réflexion. Rappelons qu’en matière de produits de traitement des plantes comme de médicaments, chaque pays ou communauté reste libre dans l’homologation de ses produits.

Après la sanction de Monsanto par la justice californienne, les medias helvétiques relèvent l’information avec trop peu de recul et de réflexion. Rappelons qu’en matière de produits de traitement des plantes comme de médicaments, chaque pays ou communauté reste libre dans l’homologation de ses produits. Dans le monde, le glyphosate peut être utilisé de manière plus large qu’en Suisse. Il est appliqué comme activeur de maturation chez les céréales et certains pays - producteurs d’OGM - l’utilisent comme herbicide toléré par le soja modifié génétiquement. Dans les deux cas, les plantes sont entièrement aspergées de glyphosate.

De son côté, la Suisse n’a jamais autorisé ces traitements contestables, car les résidus de matière active peuvent se retrouver dans l’alimentation à des doses importantes, ce qui explique la polémique mondialisée ! En Suisse, le produit n’est autorisé que pour le désherbage des cultures mais l’arrosage des plantes à consommer est interdit. De plus, des conditions bien précises et respectueuses des bonnes pratiques agricoles sont imposées. D’ailleurs, une étude sur les résidus de glyphosate menée en 2017 par Prométerre conclut à des résultats très rassurants, les produits élaborés avec des matières premières produites en Suisse ne contiennent pas de glyphosate. Cette étude a fait l’objet d’une présentation dans l’émission A bon entendeur de la RTS.

Se passer d’herbicide reste un objectif à terme mais une interdiction brutale d’utilisation en Suisse ne se justifie pas et serait sans doute pire que le mal, car il n’existe pas d’alternative efficace. Sans ce désherbant, des pratiques et des produits plus dangereux sur les plans sanitaire et environnemental pourraient resurgir sans avantage réel.

En Suisse aujourd’hui, ce produit est utilisé intelligemment par les professionnels de l’agriculture et du paysagisme ; il n’y a pas de raison de leur interdire son usage. Par contre, limiter son utilisation sur les voies publiques et le restreindre dans les jardins privés pourrait être envisagé pour limiter le risque de pollution des cours d’eau.


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Philippe Herminjard, 
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