Le Centre Patronal utilise des cookies obligatoires pour garantir une expérience optimale du site Internet.
Pour en savoir plus, cliquez sur "Détails". En cliquant "J'accepte", vous déclarez accepter notre politique de confidentialité.

j'accepte Détails

04.05.2020 - AGRICULTURE - Philippe Herminjard

Les pesticides, adulés hier, condamnés avant le COVID-19 devraient être perçus plus objectivement

Sans vouloir tous les nommer, la famille des pesticides comporte principalement les fongicides, les insecticides, les acaricides, les herbicides et les nématicides. Selon leur définition : « Un pesticide est un produit chimique destiné à la protection des cultures et des récoltes contre les parasites, champignons, mauvaises herbes et insectes » Les pesticides sont composés d’un ou de plusieurs principes actifs, d’origine naturelle ou synthétique, auxquels sont ajoutées d’autres substances (solvants, mouillants, colorants, répulsifs…) afin d’améliorer leur efficacité et de faciliter leur emploi.

En Suisse, on utilise comme synonyme le terme de « produit phytosanitaire ». Plus proche encore de l’expression « médicament des plantes », la législation européenne utilise précisément les termes « produit phytopharmaceutique ». Car, comme tout être vivant, les plantes sont sujettes aux maladies et peuvent être victimes d’insectes nuisibles.

La dangerosité d’un produit dépend prioritairement, on le sait, de la dose utilisée. La protection des cultures contre les maladies et contre les organismes nuisibles ainsi que contre l’envahissement de cultures concurrentes comme les mauvaises herbes, joue un rôle primordial dans l’agriculture. Sans produits phytosanitaires, utilisés à titre préventif ou curatif, les récoltes sont maigres, voire certaines années inexistantes. Se passer de produits phytosanitaires de synthèse, implique, selon les études officielles, une baisse de production jusqu’à 40%. Pareille diminution conduirait à devoir faire des choix difficiles, notamment de recourir plus largement aux importations dont nous dépendons déjà beaucoup.

Pour le consommateur, il n’y a pas lieu de minimiser ici les risques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’agriculture et ailleurs, mais il faut bien convenir que la condamnation de ces produits par la société a atteint un paroxysme, alors que l’agriculture suisse est parmi les mieux notées en agroécologie au monde.

La crise du COVID-19 démontre à l’évidence toute l’importance des marchés de proximité. Elle remet à la place qui lui revient, l’intérêt d’une alimentation locale respectueuse de l’environnement et disponible en tout temps. La fâcheuse tendance vécue depuis des décennies pour favoriser l’importation de produits moins coûteux à produire à l’étranger pourrait se voir corrigée dans les mois à venir et surtout, les jusqueboutistes opposés aux produits phytosanitaires sans discernement sont dorénavant appelés à revoir leur appréciation sur les produits agricoles indigènes qui méritent tout notre respect et notre reconnaissance quotidienne.


PH-signature

Philippe Herminjard,
Responsable du thème politique Agriculture

Partager :

Articles liés Tous