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11.11.2020 - AGRICULTURE - Philippe Herminjard

Le climat force à faire des réserves de vin indigène

On le sait tous, le climat annuel influence directement la qualité et le volume des récoltes agricoles. La vendange y est particulièrement sensible, c’est pourquoi on parle de millésime pour le vin aux fins d’expliquer par exemple ses caractéristiques organoleptiques. Durant la dernière décennie, certaines vendanges étaient de faibles volumes alors que d’autres étaient plus généreuses.

Dans un marché très ouvert à l’importation et fort tendu, le commerce du vin indigène supporte assez mal ces soubresauts de volumes. Après plusieurs millésimes particulièrement faibles, on a observé que la consommation revenait très difficilement au volume initial et ce au profit du vin importé. Ajoutons à ce phénomène la tendance à la baisse régulière et structurelle de consommation de vin depuis des décennies en Suisse et l’on comprend ainsi les raisons qui ont conduit certains vignerons dans une crise viticole, perceptible depuis l’automne 2018.

La filière vitivinicole vaudoise réfléchit déjà depuis 2016 à des mesures pour éviter les fortes variations entre offre et demande. Résumées sous la mention « Réserve climatique », les mesures doivent permettre, à l’échelle d’une région ou d’une appellation, de réserver des volumes de vin lorsque la vendange est généreuse et de libérer les volumes bloqués lorsque la production ne suit pas la consommation. Dans le projet de l’interprofession vaudoise, précisons que les vins mis en réserve sont remplacés par la nouvelle récolte chaque année, ce qui évite le vieillissement des volumes réservés. De plus, les volumes non utilisés pendant trois ans consécutifs seraient retirés du marché de la consommation.

La réserve climatique ne peut être menée à l’échelle cantonale, car elle nécessite une modification légale fédérale. Au départ, plusieurs cantons n’en voulaient pas mais, aujourd’hui, la majorité y est favorable et parmi elle les plus gros producteurs. Il reste dorénavant à convaincre l’autorité fédérale plus particulièrement son Office de l’agriculture qui achoppe encore sur le contrôle de cave et le financement de ce dernier. Espérons que les dernières réticences tombent avant le millésime 2021 !


PH-signature

Philippe Herminjard,
Responsable du thème politique Agriculture

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