Le Centre Patronal utilise des cookies obligatoires pour garantir une expérience optimale du site Internet.
Pour en savoir plus, cliquez sur "Détails". En cliquant "J'accepte", vous déclarez accepter notre politique de confidentialité.

j'accepte Détails

29.04.2021 - AGRICULTURE - Philippe Herminjard

Initiatives agricoles extrêmes

Le peuple suisse est appelé aux urnes le 13 juin prochain pour se prononcer sur deux initiatives touchant l’agriculture indigène mais pas seulement. La campagne n’en parle guère mais d’autres secteurs économiques seront également concernés. Une fois encore, on peut comprendre la démarche contre l’utilisation non raisonnée de pesticides mais ça n’est plus le cas en Suisse et ce, depuis les années septante. Les initiants se laissent bercer par les illusions hygiénistes sans tenir compte des réalités écologique et alimentaire.

Deux initiatives qui condamnent l’agriculture suisse

L’initiative « Pour une eau potable propre » n’accorderait de paiements directs qu’aux agriculteurs qui n’emploient aucun produit phytosanitaire et ne nourrissent leurs animaux que de fourrages provenant de leur propre ferme par exemple. Elle rendrait plus coûteuse la production d’aliments.

L’acceptation sur l’eau potable aurait un impact négatif sur la production de denrées alimentaires en Suisse. Comme l’agriculture suisse en produirait moins, il faudrait en importer plus, d’où un transfert de la pollution à l’étranger. La principale demande de l’initiative a du reste déjà été prise en compte dans une initiative parlementaire qui lutte contre le risque de l’utilisation des pesticides.

L’initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » interdirait purement et simplement les produits phytosanitaires en Suisse. Elle aurait de graves conséquences pour l’agriculture, mais aussi pour l’industrie de production de denrées alimentaires. Elle veut limiter l’importation aux seuls aliments produits sans pesticides de synthèse et elle aurait des retombées négatives sur les activités paysagères, les jardineries et l’entretien de divers espaces.

L’interdiction des pesticides de synthèse affaiblirait l’approvisionnement alimentaire produit en Suisse et réduirait le choix de nourritures importées. Elle rendrait les règles d’hygiène plus difficiles à respecter lors de la production, ce qui renchérirait d’autant notre alimentation. Le Conseil fédéral et le Parlement ont déjà pris plusieurs mesures allant dans le sens de l’initiative imposant des règles parmi les plus exigeantes au monde.

Conséquences désastreuses pour l’économie

Selon les initiants, produire mieux consiste à cultiver en production biologique, ce qui implique un rendement inférieur de l’ordre de 30% pour la production agricole alors que l’agriculture suisse a déjà de la peine à assurer globalement 55% de sa consommation. Avec une population grandissante, cela nous obligera à importer encore plus des produits dont on ne pourra imposer le même niveau d’exigences en termes d’écologie, de qualité sanitaire et de respect des règles sociales pour le personnel agricole qui les produisent.

Ces initiatives sont anti-agricoles, incompatibles avec les règles internationales mais surtout extrêmes dans leur finalité, car elles auront des effets catastrophiques sur l’agriculture suisse, le taux d’auto-approvisionnèrent, le paysagisme et sur les emplois dans le secteur agro-alimentaire. Ajoutons encore que notre alimentation renchérira sensiblement.


PH-signature

Philippe Herminjard,
Responsable du thème politique Agriculture

Partager :

Articles liés Tous