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04.06.2021 - AGRICULTURE - Philippe Herminjard

Phytos : Dialogue ville-campagne à reconstruire après le 13 juin

La campagne de votation sur les initiatives anti-agricoles (eau propre et pesticides de synthèse) aura démontré que les mondes rural et citadin peinent à se comprendre, parfois de manière très musclée, voire violente. Du côté des partisans des initiatives, on reste persuadé qu’il n’y a pas pire pollueur que le monde paysan. Chez les agriculteurs, on reste écoeuré de voir que les efforts constants et concrets pour l’écologie et l’environnement entrepris depuis deux générations en matière de lutte phytosanitaire ne sont guère compris et reconnus.

Les données en jeu

Les données du problème sont claires, l’eau potable contient des résidus de produits phytosanitaires en très faible quantité un peu partout en Suisse avec quelques rares cas de normes dépassées et l’agriculture suisse utilise des produits de synthèse pour lutter contre les maladies et parasites des plantes cultivées. Les initiants « eau propre » sont partis de l’idée simpliste de soustraire des paiements directs à tous les utilisateurs de produits phytosanitaires, ce qui comprend également les producteurs bio. Les initiants voulant interdire les pesticides de synthèse veulent « forcer » la majorité actuelle des agriculteurs à se passer des produits de synthèse. On suspecte d’ailleurs, que certains pesticides biologiques seraient concernés par cette interdiction.

A problème complexe, réponse compliquée à expliquer

On demande à l’agriculteur de produire des aliments dans un contexte scientifique et administratif toujours plus exigeant. Devenir agriculteur aujourd’hui impose un niveau de connaissances techniques très élevé pour suivre les connaissances scientifiques développées par la recherche agricole notamment. Sûr de sa vocation à nourrir la population, lui et ses organisations de défense professionnelle ont sans doute négligé la nécessité d’expliquer au consommateur leur quotidien, leurs contraintes, leurs obligations et leur volonté de soigner leurs plantes et leurs terres pour notre avenir à tous. Qui mieux que l’agriculteur pourra expliquer avec réalisme et cœur le soin donné aux aliments produits en Suisse ?

Avant même les résultats du 13 juin prochain, on peut affirmer que les initiants ont déjà gagné cette bataille : contraindre l’agriculture helvétique à renforcer les efforts écologiques et entreprendre toutes les démarches de communication pour que les citadins entrent en contact plus intensément avec les agriculteurs eux-mêmes afin que le dialogue se tisse dans le respect mutuel.

Ce dialogue est indispensable, sinon l’agriculture souffrira encore plus et son existence même est menacée si les nouvelles initiatives telles que stop-agrobusiness ou celle sur le paysage aboutissent. Elles lancent toutes deux des attaques simplificatrices qui trouveront un echo auprès des citadins si le monde agricole n’y répond pas avec transparence et objectivité.


PH-signature

Philippe Herminjard,
Responsable du thème politique Agriculture

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