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12.06.2019 - INSTITUTIONS SÉCURITÉ - Pierre-Gabriel Bieri

La Genève internationale, pièce maîtresse de la politique des bons offices

Le Conseil national a largement accepté, il y a quelques jours, un budget de près de 112 millions de francs destiné à renforcer le rôle de la Suisse comme Etat hôte.

La politique de l’Etat hôte, potentiellement combinée avec une offre de médiation et de facilitation du dialogue, fait partie de la politique des «bons offices» traditionnellement menée par la Suisse. Selon un rapport du Conseil fédéral publié en décembre 2018, les bons offices se définissent comme des initiatives diplomatiques et humanitaires visant à régler un conflit, ou encore à maintenir ouverts des canaux de communication afin d’atténuer les effets d’un tel conflit. Ces bons offices sont exercés à la demande des parties en conflit, ou tout au moins avec leur accord.

La Suisse est appréciée pour sa flexibilité et sa discrétion en tant qu’Etat hôte de négociations, pour lesquelles elle se charge de la logistique, de la sécurité et du protocole. Elle a accueilli, notamment, la signature des accords de 1954 mettant fin à la guerre d’Indochine, le sommet de 1985 entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, des négociations sur le programme nucléaire iranien, ainsi que des pourparlers dans le cadre de la guerre civile en Syrie. La Suisse a aussi accumulé une solide expérience dans le domaine de la médiation et de l’aide aux négociations. Elle développe aujourd’hui la professionnalisation de ce domaine, avec une formation de niveau master dispensée par l’EPF de Zurich en partenariat avec l’Allemagne, la Finlande et la Suède.

La politique de l’Etat-hôte repose en bonne partie sur la renommée et les infrastructures d’accueil de la «Genève internationale». Cette dernière se voit toutefois confrontée à la concurrence croissante d’autres villes et d’autres Etats. La Confédération a donc élaboré depuis plusieurs années, en collaboration avec le canton et la ville de Genève, une stratégie pour améliorer les conditions-cadres des organisations internationales qui y sont établies. Le budget voté par les Chambres constitue la poursuite de cette stratégie pour la période 2020-2023. Il est notamment prévu de créer une nouvelle fondation «Geneva Science and Diplomacy Anticipation», destinée à proposer un cadre innovant à la diplomatie multilatérale.

Dans le monde d’aujourd’hui, complexe, conflictuel et instable, la politique de non-alignement et de bons offices suivie par la Suisse se révèle utile autant à elle-même qu’aux autres Etats.


PGB-signature
Pierre-Gabriel Bieri, 
Responsable du thème politique institutions et sécurité

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