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28.02.2020 - INSTITUTIONS SÉCURITÉ - Pierre-Gabriel Bieri

Récoltes de signatures: le militantisme n’est pas toujours gratuit

Le recours à des personnes rémunérées pour récolter des signatures peut déboucher sur certaines dérives, mais il peut aussi se révéler indispensable à des organisations qui ne disposent pas d’une vaste réserve de militants ou de collaborateurs salariés.

Des demandes de référendum ont été critiquées pour avoir fait appel à des récolteurs de signatures rémunérés qui abordaient des passants sans être capables d’expliquer de quelle cause il retournait, et parfois en masquant ou en déformant le but des référendums en question. Il est apparu que ces démarcheurs étaient engagés par une société privée monnayant ses services. Les mêmes démarcheurs ont d’ailleurs aussi récolté des signatures pour des initiatives écologistes, même si cela a été moins médiatisé.

Le monde politique affirme aujourd’hui vouloir réagir, et les esprits les plus radicaux demandent qu’on interdise toute récolte de signatures rémunérée. Une telle interdiction ferait fi d’un certain nombre de réalités. La plus évidente est que de nombreuses personnes qui récoltent des signatures sont des salariés d’une organisation qui a lancé un référendum ou une initiative: collaborateurs d’associations patronales, secrétaires syndicaux, membres du secrétariat d’un parti politique.

Les bénévoles, eux, sont difficiles à motiver. La croissance de la population va de pair avec une diminution générale de l’engagement militant. Quelques organisations focalisées sur des thèmes à la mode réussissent encore à mobiliser de nombreux membres, mais d’autres, tout autant légitimées à recourir aux instruments de la démocratie directe, doivent parfois se faire aider par des étudiants ou des personnes rémunérées. Si ces démarcheurs sont encadrés et qu’ils se comportent de manière honnête, la démocratie directe n’est pas en danger.

Faut-il alors interdire uniquement le recours à des entreprises? Solution boiteuse, car il n’est pas aisé de recruter des particuliers sans passer par un intermédiaire, ne serait-ce qu’une plate-forme de contact. On serait obligé de créer une législation complexe, en veillant à ne pas favoriser certaines organisations militantes au détriment d’autres plus institutionnelles. Il serait plus sage de se demander si la loi est vraiment le meilleur moyen de régler ce problème.


PGB-signature
Pierre-Gabriel Bieri, 
Responsable du thème politique institutions et sécurité

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