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12.10.2020 - INSTITUTIONS SÉCURITÉ - Pierre-Gabriel Bieri

NON à l’étranglement financier des entreprises suisses d’armement

L’initiative populaire «Pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre», lancée par le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), sera soumise au vote populaire le 29 novembre. Son titre est conçu pour émouvoir les âmes sensibles. Mais quelles seraient ses conséquences?

Le texte demande que la Banque nationale suisse, les fondations et les institutions de prévoyance n’aient plus le droit d’investir directement ou indirectement dans les entreprises dont plus de 5% du chiffre d’affaires annuel provient de la production de matériel de guerre. Un engagement de la Confédération serait en outre exigé afin qu’une interdiction similaire puisse ensuite s’appliquer aux banques et aux assurances sur le plan suisse et international.

Ces dispositions n’auraient aucun effet sur les conflits qui secouent le monde. En revanche, l’étranglement financier des entreprises suisses d’armement affaiblirait directement la capacité de défense de la Suisse, en la rendant encore davantage dépendante de l’étranger. L’initiative du GSsA vise donc, une fois de plus, l’armée suisse.

Plus grave: cette initiative ne toucherait pas seulement les importantes entreprises d’armement, mais aussi de nombreuses PME pour lesquelles le matériel de guerre représente une diversification bienvenue, voire indispensable. Combien la Suisse compte-t-elle d’entreprises qui réalisent 6, ou 8, ou 10% de leur chiffre d’affaires dans le domaine militaire, et qui se retrouveraient soudain en difficulté de financement?

Enfin, cette interdiction de financement aurait aussi des effets négatifs sur les placements opérés par de nombreuses institutions, à commencer par les caisses de pensions. Comment vérifiera-t-on que des investissements indirects, à travers des portefeuilles d’actions, soient totalement exempts de toute composante militaire, même très minoritaire? Au mieux, l’interdiction serait inapplicable; au pire, elle engendrerait une avalanche de contrôles et une forte limitation des possibilités de placements.

L’initiative du GSsA est nuisible pour la capacité de défense helvétique, comme elle est nuisible pour de nombreuses PME et pour nos caisses de pensions.


PGB-signature
Pierre-Gabriel Bieri, 
Responsable du thème politique institutions et sécurité

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