Etude BASS : Une étude imprécise et partiale sur les revenus des médecins

nov. 6, 2018, 14:18 by Thery Couturier
Alors qu’en avril dernier des données 2015 récoltées par l’Office fédéral de la statistique démontraient que les charges d’exploitation des cabinets représentaient 72% de leur chiffre d’affaires et que le revenu moyen des médecins à charge de l’assurance maladie de base est d’environ 160'000 francs, ce qui représentent 6,5% des primes, voilà que l’office fédéral de la santé publique (OFSP) publie de nouveaux chiffres qui sèment la confusion et laissent à penser que les revenus des médecins, notamment indépendants, sont la cause de l’augmentation de primes d’assurance-maladie de la population suisse.

Alors qu’en avril dernier des données 2015 récoltées par l’Office fédéral de la statistique démontraient que les charges d’exploitation des cabinets représentaient 72% de leur chiffre d’affaires et que le revenu moyen des médecins à charge de l’assurance maladie de base est d’environ 160'000 francs, ce qui représentent 6,5% des primes, voilà que l’office fédéral de la santé publique (OFSP) publie de nouveaux chiffres qui sèment la confusion et laissent à penser que les revenus des médecins, notamment indépendants, sont la cause de l’augmentation de primes d’assurance-maladie de la population suisse.

En effet, l’interprétation donnée par l’OFSP à cette enquête ajoute à la confusion. Elle porte sur le revenu AVS global qui comprend les cotisations du 2ème pilier et les revenus qui ne sont pas à charge de la LaMal, mais des assurances complémentaires.

C’est en effet le même OFSP qui a validé les hausses des primes 2018 et 2019, alors même que les coûts de la santé n’ont pas augmenté dans les proportions projetées. Même, les données préliminaires du monitoring des coûts à charge de l’AOS montrent que le volume facturé à charge de l’AOS par les cabinets indépendants a baissé en 2018 après s’être stabilisé en 2017.

De plus, l’enquête BASS extrapole des revenus pour des taux d’activité à 100%, or la base de données de la FMH, confirmée par celle de l’OFS, indiquent un taux d’activité global moyen de 83%. Enfin, l’enquête omet de rappeler que la vente directe de médicaments peut représenter jusqu’à 30% du revenu d’un cabinet outre-Sarine et passe sous silence les dix mille médecins-assistants qui travaillent en moyenne 56 heures hebdomadaires pour des revenus bien moindres que ceux qui sont annoncés.

Il est désormais urgent que les acteurs de la santé se mettent d’accord sur une méthodologie explicite et incontestée d’analyse des coûts de la santé par un organisme indépendant comme le préconisent les motions des conseillers nationaux Olivier Feller (PLR/VD) et Adèle Thorens (Verte/VD).

Etude BASS : Une étude imprécise et partiale sur les revenus des médecins

nov. 6, 2018, 14:18 by Thery Couturier
Alors qu’en avril dernier des données 2015 récoltées par l’Office fédéral de la statistique démontraient que les charges d’exploitation des cabinets représentaient 72% de leur chiffre d’affaires et que le revenu moyen des médecins à charge de l’assurance maladie de base est d’environ 160'000 francs, ce qui représentent 6,5% des primes, voilà que l’office fédéral de la santé publique (OFSP) publie de nouveaux chiffres qui sèment la confusion et laissent à penser que les revenus des médecins, notamment indépendants, sont la cause de l’augmentation de primes d’assurance-maladie de la population suisse.

Alors qu’en avril dernier des données 2015 récoltées par l’Office fédéral de la statistique démontraient que les charges d’exploitation des cabinets représentaient 72% de leur chiffre d’affaires et que le revenu moyen des médecins à charge de l’assurance maladie de base est d’environ 160'000 francs, ce qui représentent 6,5% des primes, voilà que l’office fédéral de la santé publique (OFSP) publie de nouveaux chiffres qui sèment la confusion et laissent à penser que les revenus des médecins, notamment indépendants, sont la cause de l’augmentation de primes d’assurance-maladie de la population suisse.

En effet, l’interprétation donnée par l’OFSP à cette enquête ajoute à la confusion. Elle porte sur le revenu AVS global qui comprend les cotisations du 2ème pilier et les revenus qui ne sont pas à charge de la LaMal, mais des assurances complémentaires.

C’est en effet le même OFSP qui a validé les hausses des primes 2018 et 2019, alors même que les coûts de la santé n’ont pas augmenté dans les proportions projetées. Même, les données préliminaires du monitoring des coûts à charge de l’AOS montrent que le volume facturé à charge de l’AOS par les cabinets indépendants a baissé en 2018 après s’être stabilisé en 2017.

De plus, l’enquête BASS extrapole des revenus pour des taux d’activité à 100%, or la base de données de la FMH, confirmée par celle de l’OFS, indiquent un taux d’activité global moyen de 83%. Enfin, l’enquête omet de rappeler que la vente directe de médicaments peut représenter jusqu’à 30% du revenu d’un cabinet outre-Sarine et passe sous silence les dix mille médecins-assistants qui travaillent en moyenne 56 heures hebdomadaires pour des revenus bien moindres que ceux qui sont annoncés.

Il est désormais urgent que les acteurs de la santé se mettent d’accord sur une méthodologie explicite et incontestée d’analyse des coûts de la santé par un organisme indépendant comme le préconisent les motions des conseillers nationaux Olivier Feller (PLR/VD) et Adèle Thorens (Verte/VD).

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