AVS: pour une vraie réforme et une vision d’ensemble
L’arrêté fédéral du 19 juin 2026 sur le financement additionnel de l’AVS prévoit, pour garantir le paiement de la 13e rente de vieillesse, un relèvement du taux normal de TVA de 0,4 point (0,2 point pour l’impôt grevant les prestations du secteur de l’hébergement). Nous dirons NON, car le financement des assurances sociales doit absolument faire l’objet d’une vue d’ensemble. Le véritable sujet n’est pas seulement la 13e rente, mais l’avenir même de l’AVS, avec les difficultés connues depuis des années: le vieillissement de la population dégrade le rapport entre actifs et retraités, tandis que l’espérance de vie continue d’augmenter. Il faut avoir le courage d’ouvrir le chantier d’une réforme globale et de renoncer à la tactique du salami. Une tranche de TVA aujourd’hui, une tranche de cotisations salariales demain, et rendez-vous au prochain besoin de financement… Notre premier pilier mérite mieux qu’une succession de hausses décidées au gré des urgences du moment.
Il s’agit que le Parlement s’attelle à une réforme cohérente de l’ensemble du premier pilier, en intégrant par exemple le principe d’une durée de cotisation plutôt qu’un âge de référence uniforme. Cette idée, que nous défendons depuis plusieurs années, permet de tenir compte des parcours professionnels réels, y compris de la pénibilité de certaines professions. En attendant sa concrétisation, le financement de la 13e rente peut très bien être assuré par le Fonds AVS. Les employeurs sont prêts à payer leur part de l’effort, mais celui-ci doit s’inscrire dans une vision d’ensemble. Avant de prélever davantage auprès des consommateurs, des employeurs ou des salariés, il s’agit d’établir l’ampleur réelle des besoins de financement du premier pilier. Ensuite, il faudra voir comment répartir équitablement les efforts et construire une réforme durable, avec un équilibre entre prestations, financement et solidarité. Dire NON le 29 novembre ne revient donc pas à refuser définitivement toute hausse de la TVA ou des cotisations salariales, mais doit permettre d’intégrer cet effort dans un concept global pour l’avenir de notre principale œuvre sociale.
Rédacteur : Olivier Rau, directeur politique – Centre Patronal