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Election complémentaire – Demandez le programme!

Baptiste Müller
Rédacteur

Le 29 mars prochain, dans le cadre de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat, les citoyens vaudois seront amenés à faire un choix entre deux visions politiques radicalement différentes pour le canton. Un fossé apparaît à la lecture des programmes et à l’écoute des déclarations des deux candidats encore en lice.

Le contexte international et la conjoncture exacerbent le besoin d’un canton de Vaud attractif et compétitif. Il est indispensable de garantir des conditions-cadres favorables à la création de richesse, à l’emploi et à l’innovation. Cela passe par une fiscalité compétitive, une maîtrise des dépenses publiques et une réduction des charges administratives qui freinent l’activité économique. Le canton doit également pouvoir compter sur un marché du travail dynamique, une formation en adéquation avec les besoins des entreprises et des infrastructures performantes. En somme, Vaud a besoin d’un cap clair : celui d’un cadre stable, attractif et propice au développement des entreprises, condition indispensable au maintien de la prospérité et du niveau de vie de sa population.

Force est de constater, à la lecture de leurs programmes et à l’écoute de leurs déclarations, que les approches des deux candidats présents au second tour sont diamétralement opposées.

Dans le déni fiscal

Prenons la fiscalité, pilier majeur de l’attractivité et de la compétitivité du canton. Le candidat du Parti socialiste et des Verts annonce clairement la couleur dans son tout-ménage : « Nous aurons besoin de quelques recettes supplémentaires bien ciblées. » Il insiste par ailleurs au micro du 19:30 de la RTS, fustigeant les « baisses fiscales massives » pratiquées par le gouvernement. Les contribuables apprécieront cette évaluation de la situation. Et lorsque le présentateur lui rappelle que Vaud est un enfer fiscal, comparaisons intercantonales incontestables à l’appui, le politicien de carrière esquive habilement la question en redirigeant son intervention sur le bouclier fiscal et les forfaits à la dépense.

Quant à la salutaire initiative « Baisse d’impôts pour tous », le candidat la réduit à la baisse de l’impôt sur la fortune, occultant complètement le volet de diminution de l’impôt sur le revenu. Il accuse d’ailleurs le Conseil d’Etat de vouloir l’utiliser pour baisser la charge fiscale sur la fortune. On en rêverait ! – et le gouvernement l’envisageait d’ailleurs dans son programme de législature… Malheureusement, l’exécutif a rejeté l’initiative. Tout cela dénote une tactique permettant de faire une campagne anti-riches, habile pour capter les voix de l’extrême gauche qui a eu la gentillesse de se retirer du second tour, mais bien éloignée de l’intérêt du canton.

«Vaud a besoin d’un cap clair : celui d’un cadre stable, attractif et propice au développement des entreprises, condition indispensable au maintien de la prospérité et du niveau de vie de sa population.»

Les pieds sur terre

En face et à l’opposé de l’échiquier politique se trouve le candidat de l’Alliance vaudoise. Alors que son adversaire fait le procès de l’initiative pour la baisse d’impôt, lui est membre du comité qui l’a lancée. La mobilité et la sécurité font également partie de ses thèmes de campagne, alors que ces sujets gagnent en importance.

Fermement engagé sur les questions agricoles, le candidat peut se targuer de connaître la réalité des entrepreneurs, des indépendants et des PME. Cette proximité avec l’économie réelle lui permet de porter des positions pragmatiques, axées sur des conditions-cadres favorables, une fiscalité mesurée et une réduction des contraintes administratives.

L’heure du choix

Nous saurons dans quelques jours quel chemin les électeurs vaudois auront décidé de suivre. Alors que le canton s’empêtre dans une crise institutionnelle qui semble n’avoir pas de fin, l’exécutif fait face à de nombreux défis politiques. Vaud a besoin de retrouver son attractivité et cela passe par les infrastructures, l’efficience de l’Etat, la maîtrise des dépenses et la fiscalité. C’est très certainement en songeant à ces éléments que les responsables d’entreprise et ceux qui souhaitent la prospérité de notre canton opéreront leur choix.

Baptiste Müller
Rédacteur responsable, , secrétaire général adjoint – FPV

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