- Actualités Vaudoises - Pierre-Gabriel Bieri
Le printemps des communes vaudoises

Rédacteur
Ce printemps est un moment important pour les communes vaudoises, qui renouvellent leurs autorités. C’est l’occasion de rappeler l’importance de ces cellules de base du Canton, qui reflètent la diversité et la vitalité de ce dernier, et qui représentent l’échelon politique le plus proche des habitants et de leurs activités.
Les communes renouvellent leurs autorités
Le 8 mars prochain marquera le début du processus de renouvellement des autorités communales vaudoises, avec l’élection des Conseils communaux (organe délibérant) et le premier tour de l’élection des Municipalités (organe exécutif). Pour ces dernières, le second tour de l’élection aura lieu le 29 mars (avec aussi un second tour pour les Conseils communaux à système majoritaire, qu’on retrouve dans des communes de moins de 3000 habitants). On n’oubliera pas de signaler qu’un certain nombre de communes de moins de 1000 habitants ne connaissent pas de Conseil communal, mais un Conseil général constitué de tous les citoyens domiciliés dans la commune et assermentés. Enfin, les 26 avril et 17 mai se dérouleront, en deux tours, les élections à la syndicature – la fonction de syndic étant particulièrement importante pour incarner l’autorité communale. Tous les nouveaux élus (ou réélus) entreront en fonction le 1er juillet.
Ces étapes institutionnelles peuvent paraître compliquées. Elles reflètent pourtant la diversité et la vitalité des 300 communes que compte le Canton. La commune représente l’échelon politique le plus proche des habitants et le plus directement aux prises avec leur vie quotidienne. Elle n’est pas une simple subdivision administrative. Certaines communes ont une origine très ancienne, remontant parfois aux paroisses du Moyen-Age. Après s’être structurées durant la période de domination bernoise, elles sont devenues les cellules de base du nouveau Canton dès 1803. Leur autonomie est garantie par la Constitution vaudoise, tandis que leur organisation et leurs compétences sont définies dans la loi sur les communes.
«Les communes sont au premier plan pour gérer le territoire, pour structurer la vie économique et pour répondre aux besoins des habitants.»
Canton-communes: des relations parfois mouvementées
La loi sur les communes, précisément, a beaucoup fait parler d’elle il y a une année. Le gouvernement vaudois avait alors mis en consultation un projet de révision censé moderniser mais aussi professionnaliser les institutions communales. Ce projet avait suscité de vives réactions. On avait dénoncé une vision dirigiste et technocratique de la part de l’Etat cantonal, qui entendait promouvoir un modèle standard d’organisation communale calqué sur celui des villes. Tout était fait pour compliquer la vie des petites communes et les pousser à fusionner. L’opposition à ce projet de révision a mobilisé de nombreuses autorités communales, qu’on a vu s’affirmer à cette occasion comme une véritable force politique face à l’Etat cantonal.
Un autre sujet de tensions plus ou moins régulières avec le gouvernement cantonal réside dans les relations financières. Dans les années 1990-2000, les communes ont été fortement mises à contribution pour rééquilibrer les finances du Canton. Les charges parfois très importantes reposant sur les communes ont fait l’objet d’âpres négociations, débouchant en 2020 sur un accord qui a quelque peu apaisé les relations. Parallèlement, une nouvelle péréquation intercommunale a été élaborée et est entrée en vigueur en janvier 2025.
Les questions financières restent un sujet délicat, avec des situations très diverses selon les communes, et un gouvernement cantonal qui songe volontiers à solliciter ces dernières lorsqu’il peine à maîtriser ses
dépenses.
Les communes au premier plan
Au-delà des seuls aspects financiers, les communes font véritablement la richesse du Canton. Elles sont au premier plan pour gérer le territoire, pour structurer la vie économique, pour répondre aux besoins des habitants et pour intégrer les nouveaux arrivants. Elles sont des interlocutrices incontournables pour les entreprises.
Elles sont parfois confrontées à l’individualisme qui marque notre époque, et qui n’encourage pas forcément l’engagement politique au service d’une communauté locale, surtout lorsque beaucoup de résidents travaillent à l’extérieur de la commune. Les nombreuses personnes qui font l’effort de cet engagement et qui assument ou s’apprêtent à assumer des tâches au sein des autorités de leur commune n’en sont que plus méritantes. On souhaite aux futurs élus beaucoup de satisfaction mais aussi beaucoup de pugnacité à la tête de ces communautés qui font vivre le Pays de Vaud.

Mais que devient l’arrêt de train prévu à Y-PARC? Prévue depuis bientôt 10 ans, cette réalisation relativement simple et peu coûteuse est un élément d’attractivité important pour le plus grand parc technologique du pays, fort de plus de 2‘700 emplois et 200 entreprises. Validée par les Chambres fédérales en 2019, elle devait être terminée en 2031.
En automne dernier, le «rapport Weidmann» relatif à l’aménagement des infrastructures de transport jusqu’en 2045 («Transports ’45») reléguait ce projet après 2045, et au conditionnel. Les craintes alors soulevées se sont matérialisées à l’occasion de la publication du programme du Conseil fédéral fin janvier. La halte d’Y-PARC a tout simplement disparu! Le député J.-D. Carrard (PLR) interpelle le Conseil d’Etat en des termes simples mais vrais: «Comment c’est possible?»
Il ne s’agit malheureusement pas du seul projet repoussé ou annulé en Suisse Romande et la mobilisation est de mise pour défendre les intérêts légitimes de notre région. Car si la halte d’Y-PARC à 6’000 voyageurs/jours pour 32 millions de francs a disparu, le tunnel du Grimsel à 800 millions est prioritaire… pour env. 1’100 voyageurs/jour. Un touriste dans les Alpes vaudrait donc 136 fois plus qu‘un ingénieur dans le Nord Vaudois.

secrétaire général adjoint – FPV