28.11.2018 - MOBILITÉ - Patrick Eperon

Vers le chaos routier vers 2020

L’effort principal doit maintenant consister à sensibiliser nos concitoyens à la nécessité d’adapter notre réseau (auto)routier.

Comme presque toujours, le marché a tranché : la route, c’est-à-dire pour l’essentiel le trafic individuel motorisé, est et demeurera le principal mode de transport en Suisse d’ici à 2040 au moins.

L’Office fédéral de la statistique (OFS) souligne en effet que le trafic individuel motorisé a assuré en 2015, dans notre pays, près des trois quarts des prestations de transport de personnes, contre moins de 20% pour les transports publics. Par ailleurs, le trafic routier marchandises a assuré plus de 61% des prestations de transport de marchandises, contre 39% pour le rail.

Le Département fédéral des transports (DETEC) table quant à lui sur une croissance de 18% des prestations du trafic routier voyageurs d’ici 2040 et de 33% des prestations du trafic routier marchandises, croissances certes inférieures à celle du rail… mais sur la base de volumes initiaux beaucoup plus importants que pour ce dernier !

Par conséquent, le volume du trafic routier ne cesse d’augmenter, en particulier sur les autoroutes, comme l’attestent année après année les cartes de trafic établies par l’Office fédéral des routes (OFROU), avec des tronçons autoroutiers fréquentés par plus de 100'000 véhicules par jour, dont celui de Crissier.

A l’heure où les démographes considèrent que notre pays comptera quelque

10 millions d’habitants d’ici vingt ans, il faut considérer en bonne logique que le scénario de tronçons autoroutiers embouteillés de deux à quatre heures par jour en 2040, à commencer par l’échangeur de Crissier, est tout à fait réaliste.

Certes, les autorités ont finalement pris le taureau par les cornes en mettant sur pied le fonds routier FORTA et le programme de développement stratégique des routes nationales qui lui est lié, fonds et programme plébiscités par le peuple et les cantons, début 2017.

Certes, l’avenir de la mobilité routière motorisée sera marqué par une double « disruption » constituée de la révolution numérique – avec l’arrivée après-demain sur nos routes de voitures véritablement autonomes - et de l’électrification progressive de notre parc de voitures de tourisme.

Mais il n’en demeure pas moins que l’élargissement des tronçons autoroutiers surchargés ne commencera vraisemblablement pas à produire des effets positifs avant 2030.

Par ailleurs, la numérisation ne rendra pas inutile le développement des infrastructures routières, indispensables à une Suisse de 10 millions d’habitants, conclusion à laquelle est parvenue un récent colloque sur cette question.

Enfin, l’électrification progressive et souhaitable de notre parc automobile ne signifie pas la diminution de ce dernier.

Par conséquent, tout indique que la décennie 2020-2030 sera caractérisée par un chaos routier, notamment le long de l’Arc lémanique et plus particulièrement entre Lausanne et Genève.

Afin de cesser de perdre du temps alors que cette perspective économiquement, écologiquement et socialement très dommageable se concrétise, l’effort principal doit maintenant consister à sensibiliser nos concitoyens à la nécessité d’adapter notre réseau (auto)routier.


P.Eperon-signature

Patrick Eperon,
Responsable thème politique mobilité

 

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